النقابة الوطنية للتعليم الثانوي - SNES

Trois ans de ministère d’Etat qui ont paralysé l’Éducation

samedi 26 octobre 2013

Mercredi 15 décembre 2010 le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a procédé à un remaniement ministériel partiel par lequel un ministère d’Etat à l’Education est créé et sa gestion confiée au Docteur Ahmed ould Bahiya qui était à la tête du ministère de l’enseignement secondaire et supérieur depuis le 11 Août 2009. En plus, des ministres délégués auprès du ministre d’Etat, ont été chargés des différents secteurs de l’éducation (primaire, secondaire, professionnel ...). La famille scolaire avait bien accueilli cette décision, considérant la dotation du secteur de l’Education d’un ministère d’Etat, à lui seul parmi tous les secteurs de la vie publique comme un geste de bonne volonté, une attention spéciale et une reconnaissance nouvelle de la place qui doit revenir à ce secteur. La famille scolaire s’attendait à ce que les nouveaux responsables de l’Education travaillent en équipe soudée sous la coordination du ministre d’Etat afin de faire face aux défis majeurs du millénaire en matière d’Education. L’on s’attendait à la multiplication des ateliers, des conférences et symposiums pour la réflexion, l’analyse et la planification stratégique afin que le secteur de l’Education puisse jouer pleinement son rôle académique dans la consolidation des concepts et pratiques de la société de la connaissance, s’acquitter de la responsabilité sociale de l’Education, prendre des initiatives en faveur du développement académique et administratif, prendre connaissance des classifications internationales des établissements d’enseignement et apprendre de l’expérience des meilleures écoles de par le monde.

Mais il ne s’est passé, malheureusement, rien de tout cela : l’équipe n’était point soudée, mais elle s’était livrée à des luttes intestines tout au long des trois années de vie du ministère d’Etat, à l’image des luttes que livrait le ministre de l’Enseignement Secondaire et supérieur contre ses collaborateurs avant le ministère d’Etat. Aussi, le ministre d’Etat s’est accaparé de tous les pouvoirs concédés par le gouvernement et la présidence de la République, transformant les ministères délégués en coquilles vides sans prérogatives, les empêchant ainsi de jouer le moindre rôle significatif pour contribuer au développement de leurs secteurs respectifs.

Et pourtant, ni le ministre d’État, ni le gouvernement, ni la présidence de la République ne mesuraient, apparemment, l’importance de la mission confiée au ministre d’État à l’Education Nationale et la Recherche scientifique. Ils l’ont occupé en le chargeant de conduire le dialogue politique avec ce qui deviendra l’opposition « dialoguante ».

Pendant ce temps, les défis se sont exacerbés, l’analyse et la planification ont été négligées, le secteur a manqué à son rôle académique dans la promotion de la société de la connaissance, il a failli à ses responsabilités sociales, il n’y a pas eu d’initiatives notables d’appui au développement administratif et académique et personne n’a cherché à s’inspirer des expériences des institutions académiques et des écoles modèles internationales.

Aujourd’hui, suite à la disparition du ministère d’Etat le 17/09/2013, peut-on espérer une relance de l’Education après trois ans d’expectative ?

Nouakchott, le 26/10/2013

Sidi I. Boudide


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