النقابة الوطنية للتعليم الثانوي - SNES

Le ministère mauritanien de l’éducation nationale et la politique de la poudre aux yeux

jeudi 1er avril 2021

Mardi 30 mars 2021, le ministère de l’Éducation nationale, de la Formation technique et professionnelle et de la Réforme a invité les syndicats d’enseignants à la cérémonie de ce qu’il a appelé « lancement du projet de programme de valorisation de la profession enseignante ». Cette invitation intervient quelques jours après la grève des enseignants du primaire et du secondaire, à laquelle avaient appelé les syndicats d’enseignants, et qui a connu un succès sans précédent depuis le début du pluralisme syndical dans le pays.
En marge de la cérémonie, le ministère a présenté son plan de valorisation de la profession enseignante, qui a évoqué plusieurs revendications des syndicats du secteur, sans donner de propositions concrètes ni des délais précis pour leur satisfaction.
L’année scolaire passée, à quelques jours de l’entrée des enseignants du secondaire et de l’enseignement technique dans la série de manifestations de novembre et décembre 2019 engagée par le Coordinateur de défense de l’enseignant (CDE), le ministère a mis sur pied un comité de concertation, auquel avaient pris part les syndicats affiliés à la CDE, mais qui ne s’était intéressé ni aux revendications urgentes des enseignants ni aux autres problèmes fondamentaux de l’éducation.
La valorisation du métier d’enseignant signifie très simplement l’amélioration de ses conditions morales et matérielles, à commencer par ses conditions de vie et de travail, améliorer sa formation initiale et l’accompagner le long de sa carrière par une formation continue lui permettant de suivre en permanence les évolutions accélérées des connaissances, de telle sorte que la profession d’enseignant soit la première destination des jeunes diplômés universitaires mauritaniens les plus distingués.
La valorisation du métier d’enseignant n’est pas l’organisation d’ateliers et de sorties pour la consommation des médias, alors que l’enseignant souffre de privation et de mépris.
Valoriser la profession d’enseignant, ce n’est pas retarder les petites indemnités qui lui sont accordées, telles que les primes d’éloignement et d’équipement et les avancements.
La valorisation de la profession d’enseignant n’est pas le recrutement des prestataires de services éducatifs dans des conditions illégales similaires à l’esclavage et le retard de leurs bas salaires mois après mois.
Au Syndicat National de l’Enseignement Secondaire (SNES), tout en réitérant nos remerciements et félicitations à nos collègues enseignants pour leur forte participation à la grève du 22 mars, nous affirmons ce qui suit :
- Notre ressentiment vis-à-vis de cette politique de poudre aux yeux suivie par le ministère ;
- Notre ferme condamnation du retard des salaires et de primes des enseignants, et la persistance de la privation et du mépris à leur égard ;
- Notre appel à tous les enseignants à resserrer les rangs et à se préparer à des luttes futures fortes et décisives, seules à même d’imposer la valorisation effective de la profession enseignante.
- Notre appel aux autorités supérieures du pays à sauver la situation afin d’assurer la poursuite de l’éducation de nos enfants dans de meilleures conditions.


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